Les 22 et 29 janvier 2017 se sont déroulées les primaires du PS (Belle Alliance Populaire)

Le résultat national est sans ambiguïté. Avec un résultat proche de 60%, Benoît Hamon est le vainqueur incontestable de ces scrutins. Sur le canton de La Voulte le résultat est sensiblement le même, avec un décalage moins important puisque Benoît Hamon réalise le score de 56,46% au 2ème tour.

Ici et là les chroniqueurs, principalement des médias, expliquent que ce résultat traduit bien le malaise de la gauche. Malaise qui ne serait pas récent pour nos chroniqueurs des feuilletons médiatiques. 

Ainsi il y aurait 2 gauches irréconciliables. Affirmation que nous pourrions traduire comme une opposition irréductible entre deux 2 visions du projet politique.

Quel est ce malaise ? 

Difficile à clarifier pour un électeur car les finalités sont sensiblement identiques; réduire les inégalités, plus de justice, solidarité, écologie ....etc

Les réformistes:

Souvent appelés les sociaux-démocrates (appelés également sociaux-libéraux quant il s'agit des les vilipender) les réformistes partent du postulat qu'une société ne peut se réformer qu'avec l'assentiment du plus grand nombre. Ainsi les réformistes considèrent que la politique doit s'organiser sur le principe de réalité. Cette approche est essentiellement de "court-terme"; réformer pour améliorer les conditions de vie par petites touches successives souhaitées par les gens. Quand ils sont élus les réformistes mènent des politiques pragmatiques .....sans bousculer les gens ni leurs modes de vie.

Le pragmatisme présenterait en principe l'avantage d'être mieux accepté par la population.

Toutefois deux inconvénients majeurs;  d'une part la différence entre une politique menée par des sociaux-démocrates et les conservateurs peut paraître imperceptible aux électeurs, d'autre part le réformisme a sérieusement tendance à s'égarer dans la gestion du quotidien et ainsi perdre de vue la vision de l'avenir.

Le pragmatisme de gauche, confronté au pouvoir, se termine souvent dans une impasse....ce qui constitue une contradiction au principe.

Les constructivistes:

Baptisés les frondeurs au sein du PS, ceux-ci considèrent que l'avenir se construit sur la base d'une vision du futur. Partant des constats du présent et des perspectives qui en découlent, cette vision permettrait de bâtir un avenir meilleur. Ce projet ne s'inspire pas des ajustements de court-terme proposés par les réformistes, il s'agit bien de refonder la société car elle est considérée défaillante (injuste, inégale, prédatrice de l'environnement ....)

Remarquons ici que plusieurs visions du futurs peuvent co-exister sans qu'elles soient cohérentes entre elles (exemple du revenu universel). Par exemple la tradition marxiste est encore prégnante pour certaines tendances et s'avère contradictoire aux enjeux écologiques (quand bien même des remodelages ont été tentés) D'autre part, imaginer le futur est toujours un pari. Ce qui peut inquiéter la population et la détourner de cette voie utopique. Il est plus facile d'être conservateur que progressiste.

Finalement ces 2 gauches irréconciliables seraient surtout des différences temporelles; les réformistes proposant d'agir sur le court-terme, et les constructivistes ayant pour objectif de préparer le long-terme. On peut donc conclure que ces différences sont artificielles. À notre avis les 2 sujets sont complémentaires; agir sur le court-terme est une nécessité, préparer le futur pour transformer la société est une obligation. 

Pourquoi ces 2 approches paraissent irréconciliables ?

Le jeu des institutions ne permet pas de concilier les enjeux de court et de long terme. Les lois et l'action gouvernementale agissent essentiellement sur le court-terme car l'horizon des élus est celui de la durée des mandats. Nos institutions ne sont donc pas prévues pour considérer le long-terme à sa juste place. 

D'autre part les attentes de la population sont immédiates, ce qui conditionne le jeu politique. Par ailleurs nos comportements ne sont pas adaptés à bien considérer le long terme. Ainsi tout projet politique basé sur une vision futuriste est voué à échouer dans les urnes.

Conclusion:

Les forces politiques progressistes sont écartelées entre 2 enjeux; le court terme et le long terme. Les institutions actuelles ne permettent pas de les concilier. Quant à la population, confrontée à des impératifs immédiats (emplois, logement, éducation des enfants ....) dans sa majorité elle privilégiera le court-terme. 

Il est donc urgent et impératif que nos institutions soient conçues à considérer le futur comme un impératif. Le mandat qui s'annonce, déjà extraordinaire par ses rebondissements, devrait être un mandat de transition pour adapter notre société et ses institutions aux enjeux actuels et futurs. Dès lors nous devons faire barrage aux propositions démagogiques qui nous renverraient dans le passé et la récession.

résultats sur le canton de La Voulte

1er tour...................................................2ème Tour

- Valls.............124 voix soit 36,05%........186 voix soit 43,56%

- Pinel.................3 voix soit 0,87%

- Peillon............22 voix soit 6,4%

- De Rugy..........11 voix soit 3,2%

- Montebourg....45 voix soit 13,08%

- Hamon..........134 voix soit 38,95%........241 voix soit 56,44%

- Bennahmias.......5 voix soit 1,45%

- blanc & nul.........6...................................6

- 344 exprimés........................................427 exprimés..............pour 10544 inscrits