Aujourd'hui nous sommes inquiets. La gauche a perdu de sa crédibilité parce qu’elle n'a pas su mettre en œuvre les changements nécessaires suite aux élections de 2012. Le gouvernement, pour plaire au plus grand nombre, s'est enfermé dans un consensus versatile qui consiste à s'affirmer de gauche et à agir comme la droite. C'est un non sens ! Il est vrai que la politique a basculé dans l'ère du consumérisme et de la publicité.

Inquiets parce nous craignons que les valeurs de justice, d'égalité des conditions, de tolérance...etc ne soient plus audibles. Être de "droite" ou de "gauche" n'aurait plus de sens pour la population.....il est vrai qu'on peut se poser la question quand on observe le "personnel" politique !

Inquiets parce que nous craignons que les inégalités continuent de s'accroître et que la pression productiviste continue de peser de manière insoutenable sur la planète.

Nous sommes inquiets, parce que nous craignons que la gauche ne s'enferre dans ses divisions, dans ses querelles intestines, dans son autisme.

Nous sommes inquiets de la montée des mouvements poujadistes et « anti-système » qui nous font régresser vers des conceptions rétrogrades de la société, comme s'il fallait recommencer à zéro à chaque génération.

Mais surtout, nous craignons que la gauche n'ait plus de projet à proposer à la société, qu'elle n'ait plus rien à dire d'autre que de critiquer la droite et le FN. Et lorsque la gauche n'a rien à dire, elle n'est plus la gauche. Envisageons un instant que " rénovation " et " modernité " ne veuillent dire ni renoncement, ni régression de la pensée et de la politique....et donc abandonner le discours publicitaire pour se concentrer sur l'essentiel. C'est à dire quelle société nous voulons; une société solidaire et fraternelle ? ou alors une société libérale qui place l'individu au sommet ? Les conséquences sont très différentes et il faut les assumer. 

Ayons le courage et  l'audace de croire que la gauche est encore capable de penser un projet de société cohérent et crédible, fraternel et démocratique, en "rupture" avec les visions traditionnelles de la politique. Bref, capable de redonner à la gauche sa capacité de proposition et de transformation sociale.