C’est avec une profonde émotion que l’opinion publique française et la classe politique ont appris cette disparition. Il avait mis ses qualités personnelles : intelligence, rigueur, honnêteté au service d’une idée  celle de faire de la politique autrement et de dire la vérité. Des phrases un peu discréditées aujourd’hui tant les politiciens de tous bords les utilisent comme des slogans électoraux vides de réalité.

Pour Michel ROCARD c’était la mise en œuvre d’actions, Il a milité dès sa jeunesse contre la guerre d’Algérie et pour un socialiste démocratique débarrassé du sur-moi marxiste qui a longtemps imprégné le socialisme en France.

Pendant un demi- siècle il s’est engagé :

- Pour le parler vrai et  réduire la bureaucratie

- Il s’est démarqué des orientations économiques productivistes trop rigides du programme commun de gouvernement.

- Il a mené une réflexion importante sur le rôle de l’ETAT. Notamment,  l’idée que la production n’est pas fondamentalement une mission de l'État. C’était un homme peu porté sur les dogmes. Il était pour la liberté d’entreprendre dans le cadre d’une économie de marché totalement différente de l'économie libérale. C'est à dire opposée à la financiarisation de l’économie et aux dérégulations. 

- Il fut l’un des premier responsable politique de gauche à s’occuper d’écologie, notamment en décidant la mise en place  du Plan  National pour l’Environnement.

 - Pour le recours au  contrat négocié entre partenaires sociaux. Et pour des compromis dynamiques 

 - Au gouvernement de 1988 à 1991 il a mis en place le RMI, et la CSG une modernisation de la fiscalité pour la sécurité sociale        

- Il a été un européen pragmatique et  engagé pour une Europe forte car la mondialisation et l’interdépendance financière des grands groupes obligeront à ce que les compromis soient négociés et garantis au niveau international

Pour nous militants de base il nous reste maintenant à faire fructifier son héritage. « Prendre les gens comme ils sont et pas comme nous les voudrions. Cela n’empêche pas de dire la vérité et préparer l’avenir » 

Rappelons que Robert Chapuis Député de l’Ardèche , un proche de MICHEL ROCARD, a participé au gouvernement de Michel Rocard de 1988 à 1991. Son suppléant Claude Lareal alors maire de La Voulte l’a remplacé à l’ASSEMBLEE NATIONALE DE 1988 à 1993. 

Ce fut une période importante pour La Voulte avec la fermeture  de RPT et perte financière de la taxe professionnelle de l’époque. Appliquant les méthodes de Michel Rocard les socialistes ont rapidement et courageusement dit la vérité : la fermeture de l’usine était inéluctable. Alors qu’une grande partie de l’opinion locale n’y croyait pas et qu’une partie de la gauche campait sur l’idée qu’il fallait exiger la continuation de la production.  C’était ignorer que cette fermeture  était le résultat d’un partage des marchés entre grands groupes.  Rhône Poulenc avait décidé d’abandonner le textile au profit de la chimie. Nous étions la 6ième usine du groupe qui fermait quel qu’ait été la force des luttes syndicales dans les 5 premières, et d’autres sites ont continué de fermer.

Mais il n’était pas question de baisser les bras une action forte et dynamique a été menée pour obtenir une vraie reconversion du site RPT et un refus des licenciements secs. La recherche d’un compromis qui protège nos intérêts plutôt que tout perdre. Et cet effort nous l’avons continué pour réindustrialiser le site voultain. La première implantation fut celle de la boulangerie industrielle. Aujourd’hui La VOULTE est une des plus importantes communes contributrices financière pour la CAPCA (grâce à l’action des élus des mandats précédents, ne l'oublions pas en sombrant dans la critique facile )